Sud ouest, 17 juillet 2013

Bassin d’Arcachon : saisonnier cherche logement abordable

Comme chaque année et malgré le travail de la Maison des saisonniers et d’Habitat jeunes à La Teste, des travailleurs de l’été ne parviennent pas à trouver un toit.

Au camping du lac de Cazaux, quelques travailleurs bénéficient d’un tarif réduit. (Photo L. W.)

«Je me donne encore quelques jours pour trouver un logement, sinon je pars faire la saison ailleurs », soupire Céline, une jeune Charentaise arrivée sur le Bassin fin mai.

Après un mois d’essai dans la restauration, où le logement était inclus, Céline a décidé d’un commun accord avec son patron de ne pas poursuivre l’expérience. Elle se retrouve donc depuis deux semaines sans emploi et goûte aux joies de la recherche de logement saisonnier. « Le problème n’est pas de trouver un boulot, précise-t-elle, mais un toit. J’ai des réponses d’employeurs mais soit le logement n’est pas proposé, soit il est au moins à 15 km du lieu de travail. »

La jeune fille vit temporairement chez un collègue, dans la chambre des enfants. « Le logement reste le plus gros problème pour les saisonniers », confirme Joffrey Morand, qui a créé l’association Ride à bar, pour guider les saisonniers dans leurs recherches. Surtout pour ceux qui ne sont pas locaux.

Conditions peu idéales

Originaire du Pays de la Loire, Ludivine, 25 ans, est arrivée à Biganos il y a un mois. Employée dans un restaurant d’Arcachon, elle a trouvé une chambre chez l’habitant, à Gujan-Mestras. Des conditions peu idéales, selon elle. « Je paie 400 euros par mois, je ne suis pas chez moi donc je ne peux inviter personne et j’ai trente minutes de route pour me rendre au travail », explique-t-elle. Entre deux services, elle ne peut pas rentrer se reposer dans sa chambre. « Ça me coûterait trop cher en essence, alors je me repose sur un banc ou chez des amis. » Elle espère encore trouver un appartement abordable plus près de son lieu de travail.

La Maison des saisonniers et l’association Habitat jeunes mettent pourtant à disposition des logements pour les saisonniers. « Nous apportons un complément aux structures déjà existantes proposées par les employeurs », explique Thierry Prats, vice-président de la Communauté d’agglomération du bassin d’Arcachon sud (Cobas), en charge du développement économique. « Sur 45 demandes fermes avec contrat de travail, nous avons logé presque tout le monde à l’exception de deux personnes pour le mois d’août. »

La tâche s’est avérée plus difficile cette année après la fin du partenariat avec le lycée de la Mer de Gujan-Mestras, qui mettait à disposition 30 chambres d’internat. Restent les chalets de la plaine Gilbert-Moga pour 15 personnes et 20 chambres chez l’habitant.

Du côté des employeurs, certains continuent de se charger du logement de leurs saisonniers. Une démarche avantageuse selon Vincent Gerbaud, directeur du Café de la plage. « Ça permet d’attirer de bons éléments. » Il paie 150 euros par personne et par mois pour les chalets de la plaine Moga et aide aux démarches auprès d’agences immobilières, en se portant parfois caution pour un appartement.

Le système D

Pour ceux qui ne trouvent pas de toit pour l’été, il ne reste qu’une solution : la débrouille. Si certains ont fait le choix de vivre dans un camion aménagé, d’autres passent les nuits dans leur voiture. Le bus itinérant de l’association laïque Prado, qui met à disposition douches, toilettes et machines à laver les lundi et jeudi à Arcachon, confirme ne pas accueillir que des sans-abri. « Nous avons vu passer une quinzaine de saisonniers ces derniers mois, qui vivent en squats ou dans leur voiture et viennent prendre une douche et laver leur linge », expliquent les éducateurs.

Même les campings sont jugés trop onéreux. Mais au camping du lac de Cazaux à La Teste-de-Buch, Jean-Marc et Mylène Brégulla ont mis en place un tarif saisonnier de 250 euros par mois. « Ça ne fait pas une grande différence sur notre chiffre d’affaires, entre les touristes qui restent moins longtemps et les saisonniers qui campent plusieurs mois »,expliquent les gérants. Le site est déjà complet depuis plusieurs mois. Difficile en plein juillet de trouver les bons tuyaux.

Pour les déçus comme Céline, l’issue au problème est claire : reprendre la route.

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